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Ilan Engel Gallery propose "Fluorescence(s)"

(Paris 03, Paris)

Ajoutée le: Mardi, 02 Août, 2011  16:38
Mise à jour le: Mardi, 15 Mai, 2012  13:36
S'efface le: Mercredi, 01 Août, 2012  16:38
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Prix: (Non indiqué)
 

Du 8 septembre au 22 octobre 2011, Ilan Engel Gallery expose pour la première fois des photos d’Arnaud de Gramont aux côtés d’œuvres d’Eric Michel, dans une exposition intitulée « Fluorescence(s) ». Ilan Engel proposera également cette confrontation sur son stand à la foire de Slick, du 20 au 23 octobre 2011.

Après 15 années passées à travailler en tant qu’architecte, Arnaud de Gramont (né en 1960) devient photographe en 2003. Frédérique Destribats explique : « Arnaud garde de sa pratique d’architecte cette attirance profonde tant pour les espaces que pour la lumière qui les façonne et les sculpte. Il a simplement changé de perspective. Il est toujours question d’espaces, de volumes, de lignes et de courbes, de matières, mais à travers l’objectif de l’appareil photographique. » Arnaud de Gramont renchérit : « Je suis fasciné par la lumière d’où ces nombreuses photos urbaines de sources de lumière électrique : de lampes, de néons, d’enseignes lumineuses, de halos ».

La lumière comme structure
C’est ainsi qu’il réalise ses premières séries de photo de nuit. Dans ses traques nocturnes, instinctivement attiré par la tranchante lumière des néons, Arnaud focalise sur une partie de l’espace et l’on voit des formes et des couleurs se détacher de fonds noirs dans une impression de flottement. « J’apprécie beaucoup le cinéma de David Lynch pour ces raisons, pour cette façon unique qu’il a de naviguer dans des endroits, des dimensions dont le regardeur n’arrive pas réellement à déterminer la nature. La photo aussi peut capter ce genre d’émotion. »
Arnaud de Gramont a réalisé plusieurs séries entre Bruxelles, Londres, Paris, New York, Seattle et Berlin, ou encore Chicago. Mais aucun indice ne permet d’identifier la ville où ont été prises ces photos dont la tendance à l’abstraction laisse libre cours à l’imaginaire de chacun.
Après des années passées à déconstruire et reconstruire les espaces qui lui étaient confiés, Arnaud de Gramont ne retient que la lumière dont les lignes et l’épanchement structurent l’image. « Quand la lumière est forcée, explique-t-il, elle crée un éblouissement qui dilue, qui efface la matière, les objets surexposés deviennent moins perceptibles, ils peuvent même devenir sales. »

Dans une confrontation silencieuse, Arnaud de Gramont met à distance le réel qu’il donne à voir comme « matériel dématérialisé » sous l’action de la lumière artificielle. Il nous amène « à remettre en question notre propre perception des espaces, des volumes, des lumières et des couleurs. Fixer l’instant ou l’espace dans l’objectif de l’appareil n’est pas le figer, mais bien lui conférer une autre échelle spatio-temporelle qui nous oblige à un autre regard », commente Frédérique Destribats. Et par ce prisme de lecture qui touche à l’essentiel, il renvoie finalement à l’intériorité de celui qui observe. Le palpable s’abandonne à l’impalpable…

Avec l’exposition « Fluorescence(s) », Ilan Engel crée une résonnance entre les œuvres d’Arnaud de Gramont et celles de l’artiste conceptuel Eric Michel qui joue lui aussi sur la frontière entre le matériel et l’immatériel. Un dialogue captivant, à retrouver sur le stand d’Ilan Engel Gallery à la foire de Slick.
Ilan Engel Gallery, en quelques mots et projets
Inaugurée en 2008 dans le Marais, Ilan Engel Gallery présente une photographie contemporaine et plasticienne. Extrêmement sensible à l’école de Düsseldof mais aussi au travail de Sugimoto, Andres Serrano, Philippe Ramette ou Valérie Belin, Ilan Engel défend des artistes dont le travail est souvent conceptuel, particulièrement autour des thèmes du paysage et de l’architecture, mais aussi sensible et poétique – poésie du quotidien, des corps, de l’instant. « Ce qui m’attire en photographie, c’est entendre le silence », reconnaît Ilan Engel.
► Du 10 au 13 novembre 2011, Ilan Engel Gallery participe au salon Paris Photo. Il compose à cette occasion un accrochage (n°A11) autour de la thématique des « Forêts contemporaines », entre force et fragilité, lumières et ombres. Ilan Engel présente ainsi les énigmatiques lisières de forêts photographiées par l’artiste roumain MihaI Mangiulea, ou encore les bois hantés de Tolstoï, captés par Stephan Crasneanscki. On retrouve également le travail sensible d’Arnaud de Gramont, parti explorer les forêts australiennes en quête d’essentiel.

► Simultanément à Paris Photo, Ilan Engel présentera dans sa galerie un solo-show consacré au photographe japonais Rinko Kawauchi, en collaboration avec la galerie Priska Pasquer, située à Cologne.








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Ilan Engel Gallery propose "Fluorescence(s)"

Collection aussi dans la presse :

Manifeste
Philippe Blanchon est poète etécrivain, il est né en 1967. Il a publié Le poème de Jacques suivi de L’Ambassadeur aux éditions Mona Lisait en 2001, La Nuit Jetée en 2005 et Capitale sous la neige en 2009 aux éditions l’Act Mem, volumes qui constituent les fragments d’une vertigineuse fiction en vers dite depuis plusieurs voix et semblant devoir s’étendre sans fin. Ses poèmes antérieurs ont été repris sous les titres Le reliquat de santé (La Courtine, 2005) et Janvier (La Part Commune, 2009). Editeur, il a publié plusieurs textes inédits d’auteur majeurs de poésie moderne, William Carlos Williams, E. E. Cummings, Jean Legrand, Eugenio Montale, Italo Svevo, Herman Melville, ou encore Charles Olson, notamment. Un moment la question se pose de savoir si l’on doit classer les livres de sa bibliothèque par genre, par auteur, par collection, par domaine. Tentation formaliste parfois de regrouper toutes les couvertures rouges des quadriges de puf, le jaune des Verdier etc. Le problème avait retenu Perec et il semblait qu’aucun classement ne pouvait convenir à une pensée qui les dépasse tous et ne cesse de se jouer des genres. Le plus souvent les choses finissent par s’agréger par affinités, ordre de lecture, outils d’un travail en cours : en un aménagement personnel. Les éditions publie.net n’échappent pas à cette nécessité de ranger pour orienter et à l’interpénétrabilité des rubriques, au flou des frontières : atelier des écrivains, zone risque, voix critiques, formes brèves… plus repères que rubriques. Le texte de Philippe Blanchon se présente sous le titre de Manifeste et nous renvoie à ces périodes modernes qui les virent fleurir dans les poches d’une jeunesse inspirée : manifestes surréalistes, cubistes, futuristes, dada… ainsi énonce-t-il quelques positions, déclare-t-il quelques oppositions. Mais très vite sa forme dépasse son objet, comme par ironie, pour devenir poème. Poème dessous lequel perce quelque pamphlet (à la manière du Julien Gracq de la littérature à l’estomac), journal critique d’un philologue croisant les auteurs de ses lectures en une curieuse réunion posthume, histoire d’un dialogue fertile entre poésie et roman jusqu’à la confusion des genres (On retrouve ici cet élan idéal, cette utopie féroce des Manifestes). Poème critique qui jouerait dans la forme ce qu’il énoncerait dans le fond, fond et forme ne faisant alors plus qu’un. « Et les frontières disparaissent (se nomment pour disparaître), écrit-il. » (On entend à mi-mots cette critique du français qui sépare la théorie du littéraire quand les anglo-saxons ou les russes réunissent.) Critiques de ceux qui s’acharnent encore à distinguer, à désunir : « vous faites de la peinture abstraite ou figurative ? », demandera-t-on à un peintre, n’admettant aucune confusion et se coupant par là même de comprendre quoi que ce soit à la peinture. Curieux objet en somme que ce Manifeste quiéchappe à nos bibliothèques ou qui y a plus que tout autre sa place. JL
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L’hypothèse
Le film est une ville de signes, de formes, de lumières, il n’est pas impossible que s’y déroule dans l’image une vie où entre en jeu ces éléments. Mais ce n’est pas là ce qui me charme dans l’hypothèse du film. Je suppose que celle-ci constamment va naître, est née, va mourir, est morte : qu’elle est un enchevêtrement maniéré de tombes et de berceaux. Éric Rondepierre (extrait) Qu’est ce qui demeure dans une image quand on la prive de mouvement ? Et qu’on la garde, ainsi déplacée dans l’immobile d’une page, récit coupé du monde ? Qu’on la regarde enfin, et qu’on l’écrive, dans l’espace manquant entre le film et ce qui lui donnerait sens ? Le travail de Rondepierre, en décapant les formes mortes du film, prélève et travaille l’image du cinéma non comme une image prélevée seulement, mais manquante : manque du film autour, manque de l’image qui pourrait achever le film (le mettre à mort). L’Hypothèse que propose Rondepierre à la collection Portfolio de publie.net (et c’est pour nous marque de confiance et d’encouragement que nous fait l’artiste en confiant ce travail à cette jeune collection) est traversée fulgurante à la fois d’un travail personnel entrepris depuis près de vingt ans, et traversée diffuse de ce qu’on aimerait nommer histoire(s) du cinéma, si le titre n’avait pas déjàété celui utilisé il y a quelques années par Godard. Traversée non pas latérale, mais en profondeur, dans les entrailles de ce qui fait l’image et défait le récit cinématographique : le montage, la ligne, le mouvement. Traversée non de son histoire, mais des histoires que dépose chaque image d’un film qui dirait l’histoire même de l’origine de l’image. Traversée de chaque image, fouillée, éventrée, creusée d’autres images sans doute, dans l’excédent apporté de la griffure ou de l’exposition : creuset multiple des morts et des renaissances qui peuplent l’image. Sur un espace court et puissamment dominé, ce que l’artiste traverse également, c’est son propre regard devant l’image cinématographique, et c’est l’écriture qui en retour recueille ce regard pour l’écrire littéralement, déterminer ce qui, entre le regard et l’image manque aussi. Si on a voulu que cette collection joue l’articulation d’un travail plastique et d’un travail d’écriture, Eric Rondepierre travaille précisément la plasticité de l’écriture dans les réseaux secrets constitués entre chaque page, et l’écriture de l’image dans ce qu’elle peut raconter, isolément. L’hypothèse d’un manque à partir de laquelle se construit cette traversée est le levier quasi-hypnotique qui conduit autant l’écriture que la lecture : ce qui manque, c’est toujours ce qui achèverait le tout ; le film qui manque, c’est celui qui reste à faire, celui qui donnera sens à ceux qui ont été faits, celui qui achèvera l’origine autant que la fin. L’hypothèse : et si ce manque était toujours ce mouvement qui donne naissance à l’image, et si la traversée (de l’écriture, de la lecture) était ce geste au-devant du manque pour le maintenir à l’état de manque, c’est-à-dire finalement, d’appel ? Évocation trouble et mouvante, peut-être, de ce que disait René Char lorsqu’il écrivait « Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir » Arnaud Maïsetti Artiste et écrivain, Eric Rondepierre à réalisé de nombreuses expositions en France et à l’étranger et publié plusieurs livres aux éditions du Seuil ( Placement, La nuit Cinéma ), Léo Scheer ( Toujours rien sur Robert, Carnets ) et Filigranes ( Contrebandes, Apartés, Moires ) notamment. Son travail est présent dans les plus prestigieuses collections internationales, le Moma New York, le Centre Pompidou Paris, le FNAC et à inspiré de nombreux textes et articles de la part d’auteurs tels que Daniel Arasse, Jean-Max Collard, Bernard Comment, Hubert Damisch, Catherine Millet ou encore Marie-José Mondzain. Il enseigne à Paris 1 depuis 1996. Attiré dès ses années de formation autant du côté du texte que de l’image, comédien, performer, c’est au début des années 90 qu’Eric Rondepierre commence à explorer les « angles morts » du dispositif cinématographique extrayant des photogrammes prélevés à la continuité fugace des séquences pour les donner à voir comme un monde caché du film. Rapidement cette activité se double et se complète de celle d’écrire : les livres d’Eric Rondepierre, mêlant la fiction à l’autobiographie et revenant avec insistance sur ses obsessions de plasticien, accompagnent et prolongent l’exploration de sa vie un peu comme on tâte dans l’obscurité les parois d’une pièce pour s’en figurer les volumes. Dans L’Hypothèse , livre réaliséà l’invitation de Publie.net, « L’auteur s’arrête quelques instants sur vingt ans de production photographique et contemple son œuvre. Une sorte de traversée narcissique du miroir qui est aussi une plongée à l’intérieur d’un film qui manque. » Jérémy Liron  Site personnel de Éric Rondepierre  Présentation de l’artiste sur le site du CERAP de l’Université Paris 1 échos de ce livre sur internet, avec les retours de :  Erwann Perrin, sur Paris Photographies  Muriel Berthou Crestey, sur Vite vu, le blog de la société française de photographie
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Sarajevo, lignes de fuite
Là-bas je suis allé là-bas, pour voir, ai vu : plein champ, hors champ, lignes et courbes, de bout en bout. J’ai vu Sarajevo, laquelle ? J’ai vu j’ai vérifié, la carte ne quittait pas mes mains, pliée dépliée sans cesse. J’ai vu Sarajevo, laquelle, Sarajevo, a vu [la guerre]. [la guerre] moi je ne sais pas, pas vu : ai cru lire, parfois, en braille, [la guerre] aveugle, ai cru déchiffrer tâtonnant, déduire de l’eczéma des murs. [la guerre] j’ai entendu tonner son assourdissant silence, d’après l’assaut et son bruit total, silence d’après qui va avec. Plein champ hors champ, le silence vit dans les photos, rampant parfois dans les marges - fait une traînée grasse dans l’espace, autour. La ville elle vue, en 2004, elle vit sa vie : quotidienne/fanfaronne/ quincaillière/bricoleuse, chamaillée. Selon son cours ordinaire d’avant neige imminente. La ville elle bouine, joue. S’en fout pas mal, moi et mon œil notre, mouvant, biais (c’est la gêne). [la guerre] là-bas ça fait dix ans, là-bas on fête l’enfance : eux les seigneurs, enfants qui jouent, leur rire résonne, partout, limpide. Et moi nous on y marche mêlé, traces mêlées comme du sang échangé,marche à travers Sarajevo, qu’on croit lire qui sitôt s’efface. Allés y foutre quoi, Sarajevo 2004 : comprendre mais comprendre quoi : [la guerre] ? Quoi, alors. Sarajevo, avant-poste d’incertain réel, contamine contaminera (les ruines présagent) : allés peut-être apprendre, lire dans son passé marqué, un peu de quoi dira notre futur : ce que je vois je le revois, je marche ensemble dans l’informé, toutes extrémités tendues à se rompre, à battre l’air pour démasquer, démasquer qui : huit lettres. Derrière les signes, alors. Voir l’envers de l’image, tenter. Pour voir. GB Un travail important, parce qu’il ne s’agit pas d’aller photographier l’autre : c’est notre ville, c’est toutes les villes, c’est habiter la ville. Et la violence, là-bas déchaînée, atteignait le sol de vieille Europe, le nôtre, et d’ailleurs c’étaient nos avions, au-dessus, et c’est notre temps au présent. Rien d’une menace loin. La parole (à cause de cette incise, dans le texte : La guerre parle……… de Guénaël Boutouillet scrute ces parcelles d’espace et ces gestes d’homme, la photographie s’interroge en permanence sur sa légitimitéà traquer le beau, à justifier de sa curiosité, si elle n’est pas d’abord sur nous-mêmes. Dans la démarche de publie.net, il s’agit d’ouvrir le site à ces réflexions en acte, et utiliser l’ordinateur pour s’y glisser, comme nous le faisons en permanence dans nos recherches et navigations. On donne ici la propre mise en page des auteurs, ce qu’ils ont voulu graphiquement du rapport texte/image. FB Guénaël Boutouillet vit à Nantes, il est membre actif de l’équipe remue.net , qui a accueilli de premières mises en ligne de ce travail. Et fiers d’accueillir dans cette collection Alexandre Chevallier, dont le travail et le site sont comme un indicateur sismique des fissures du monde...
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