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Nemeton
Emmanuel Tugny est parfaitement inassimilable dans le paysage contemporain. Pour découvrir Emmanuel Tugny romancier, voir Corbière le Crevant , paru l’an dernier chez Léo Scheer / LaureLi. Et Tugny poète, voir sur publie.net ces Premiers fragments d’Echo . Mais Emmanuel Tugny est indissolublement musicien, et musicien de la même façon qu’en littérature : dans l’album So , qui paraît en même temps que cette mise en ligne, il joue de la quasi intégralité des instruments, et laisse la musique venir aussi bien du Brésil que de sa Bretagne, ou du rock qui est la base commune. Pourtant, ce qui fait naître cette pulsion, et l’oriente vers la musique ou vers le texte, ou mêle les deux dans le même surgissement, reste une énigme. A quoi obéit-on, lorsque c’est le texte même qui en décide ? L’an dernier, Tugny, avec un autre musicien de référence, Olivier Mellano, avait proposéà une dizaines d’auteurs d’écrire des textes de colère, ça a donné ce RALBUM – manière d’inciter à y revenir... Avec cette particularité, et c’est la raison aussi de cette mise en ligne, que le producteur des disques est aussi l’éditeur des livres : LaureLiPop . C’est cette énigme, qui définit un texte comme chanson, le contraint à appeler l’implication de la voix et des musiques, qui s’interroge ici, ces textes naissant de la rencontre de Tugny et d’un musicien, John Greaves , dont certains connaissent peut-être le travail sur Verlaine... Pour nous tous, auteurs, une question grave est posée, dans cette implication de la lecture à voix haute, l’écriture hors du livre, les rencontres neuves à quoi cela ouvre, mais ce que cela appelle, de notre côté, pour la profération et le corps. Et la rencontre, bien sûr, avec les musiciens qui viennent à nous depuis l’autre côté de la scène. C’est aussi une des raisons de l’accueil fraternel fait ici à Emmanuel Tugny. FB à propos de Nemeton, par John Greaves Comment est née la rencontre avec Emmanuel Tugny, ce projet de cahier de chansons ou d’opéra ?

 J’ai rencontré Emmanuel dans un petit restaurant dans le 9èmeà Paris. 
Il était ce qu’il est, érudit, gamin, sage, excité, drôle, barbu, charmant. On parlait de Verlaine, de la chanson et de l’avant-centre gallois John Charles. De qui ? J’avais dit « érudit », il savait, avait les maillots, Wales et la Juventus, numéro 9. En se quittant il a promis de m’envoyer quelque chose. Je pense qu’il a pondu Nemeton dans la semaine.

 Quel a été votre abord de ce livret ?

 Au premier abord, je l’ai trouvé complètement opaque, impénétrable. Avec un manque de politesse quasi inexcusable, j’ai laissé peut-être passer un an sans répondre à l’auteur. Enfin, l’été de 2008 j’ai mis Nemeton sur mon piano, et il est devenu clair, limpide comme la brume écossaise se levant devant ma fenêtre.

 Comment s’est déroulée la période de composition ?

 Une fois le travail démarré, ça marchait tout seul. Chaque texte/lyric imposait son propre rythme, suggérait la mélodie digne de lui. J’ai tout enregistré à toute blinde : je ne réfléchissais pas beaucoup. Peut-être j’aurais dû.... non, a-t-il dit... voilà, associé au livret, un extrait du travail encore en cours, Beautiful as the moon . Entretien réalisé par Tania Do Valle Tschiedel. publie.net remercie John Greaves pour mise à disposition gracieuse de Beautiful as the moon .
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CAUSERIES SUR LA MUSIQUE
Ce volume regroupe un ensemble de rencontres, dialogues et causeries avec des compositeurs de toutes tendances esthétiques : Georges Aperghis, Antoine Bonnet, Gualterio Dazzi, Pascal Dusapin, Luc Ferrari, Gérard Grisey, Michaël Jarrell, Michaël Levinas, Philippe Manoury, Tristan Murail, François Paris, Fausto Romitelli, Kaija Saariaho, Marco Stroppa, Yannis Xenakis.
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Musique et roman
Les auteurs du présent volume (publié avec la collaboration d’Aude Locatelli) s’interrogent sur les fonctions que l’évocation de la musique peut assumer au sein des romans. De Balzac à Echenoz, en passant par Robert Musil, Thomas Mann, Virginia Woolf et bien d’autres, il n’est pas rare que les romanciers évoquent des œuvres musicales (y compris, de nos jours, une improvisation jazz ou rock’n’ roll) de façon précise et substantielle. Mais on peut se demander comment de telles évocations entrent dans les structures du roman et participent à la construction de son sens. À travers tous les exemples étudiés ici, le lecteur fera plus d’une fois le même constat : si le roman moderne se sert de la musique, il sait aussi lui rendre service.
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